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36 quai des orfèvres
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Attention, GRAND film de flics !
Attention, GRAND film de flics !Deuxième film d’Olivier Marchal, lui même ex flic de la B.R.I, 36 quai des orfèvres marque le retour du " Polar à la Française " dans les salles obscures et ce de manière magistrale. Si vous ne devez voir que 3 films cette année je vous engage vivement à l’y inclure Le 36 quai des orfèvres est l’adresse des locaux de la Police à Paris abritant notamment la B.R.I (Brigade de Recherche et d’Intervention) appelée couramment l’antigang et la B.R.B (Brigade de Répression du Banditisme), les deux brigades d’élite et rivales de la Police Nationale. De par sa situation géographique le 36 est appelé à surveiller une des zones les plus densément peuplée du territoire et donc contenant le plus grand nombre de sale type au m², d’où un quotidien plutôt explosif.
Le film est dirigé et co-écrit par Olivier Marchal, lui même ancien de la B.R.I. Il s’est pour cela inspiré de son vécu en ce qui concerne l’ambiance et surtout de plusieurs histoires vraies pour la trame de fond. A noter que d’autres ex flics ont contribué à l’écriture du scénario tandis que certaines scènes ne contiennent que des figurants appartenant à la vraie B.R.I., je vous laisse retrouver lesquelles dans le film.
Ce film s’articule autour de la confrontation de deux monstres du cinéma Français : Gérard Depardieu et Daniel Auteuil, tous les deux proprement habités par leurs rôles. Daniel Auteuil est Léo Vrinks, directeur de l’antigang tandis que Depardieu est Denis Klein, directeur de la B.R.B. . Ils ont fait l’école de Police ensemble, ont gravi les échelons ensemble. Ensuite l’un d’entre eux a mal tourné, pas l’autre. Aujourd’hui ils sont en concurrence pour le fauteuil de directeur laissé vaquant par André Dussolier. L’équation est simple, comme le dit Dussolier : " je n’aime pas laisser de la merde sous les tapis en partant ". Donc le premier qui " lève " une bande de braqueur devient LE patron du 36, à bon entendeur Dieu. L’un veut le fauteuil, l’autre les braqueurs, tous les coups sont permis…
L’ambiance est sombre et flippante, on navigue en eaux troubles, on est dans un polar je vous le rappelle. Pour situer on est entre mélodie en sous sol et Scarface. Comprendre on gravite dans le " bas monde " : les putes se font démolir, les problèmes se règlent au fond des bois à coups de calibres, quant aux rares " gentils " ils se font méthodiquement " repasser ", la justice se contentant de rester au palais, c’est plus sûr... Marchal évite toutefois le piège du film de brutes sanguinaires : on ne voit pas de sang, les bastons ou scènes dures ne tournent jamais au cours de biologie et on se coltine pas une fusillade de 2h de long. Ce film est avant tout un film de gens confrontée à un problème simple : une fois la ligne franchie, jusqu’où va t-on et qui entraîne t-on ?
Les acteurs sont au dessus de tout soupçon : Depardieu est grandiose tant il est fantomatique et détaché, Auteuil juste et touchant dans le rôle du type qui sombre sans fléchir, quant à André Dussolier il est définitivement bon à tout, même dans un rôle de connard. La réalisation est calme et efficace, on est au cinéma, pas à Disneyland. Les plans larges ou fixes sont légions, l’esbroufe est proscrite, on va à l’essentiel.
Autant vous prévenir tout de suite : vous ne vous marrez pas, ce film est assez sombre pour faire pleurer un autobus de Drag Queen tazé(e)s mais son but n’est de toute façon pas la gaudriole. Sa noirceur le rend à mon goût exceptionnel d’autant que le polar tombait ces derniers temps en désuétude. Je vous engage donc vivement à aller le voir, si vous vous en sentez capables.
Schumi
http://www.commeaucinema.com/news.php3?nominfos=24863&Rub=Notes
En fait, le patron de la BRB qui déclenche la fusillade a existé ainsi que le flic condamné à tord qui voit sa vie ruinée...